Le site naturel le plus visité de la Nouvelle-Aquitaine a bien évolué et renferme encore de nombreux secrets. Mais il est désormais possible de dater sa création et de savoir comment elle a évolué.
Actuellement, la dune du Pilat est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO et mesure 106,4 m de haut, 2,9 km de long et 616 m de large. En plus d’être le site naturel le plus visité de la Nouvelle-Aquitaine, elle est aussi la plus haute dune d’Europe.
L’une de ses plus incroyables particularités vient de sa formation. En effet, la dune n’est pas apparue d’un seul bloc, mais bien en plusieurs fois. En l’observant de plus près, il est possible de voir que du sable plus noir alterne avec le sable habituel. Ces couches plus noires sont le résultat des paléosols (un mélange de sable et de fossiles organiques ou encore de vestiges). La dune du Pilat en compte quatre différentes, ce qui signifie qu’elle s’est constituée en quatre temps.
Le premier juste au-dessus du niveau de la mer daterait selon les estimations d’environ 3 800 ans avant JC. Le second se positionne dans les environs de 2 980 avant JC. Se situant vers une hauteur de 20 à 40 mètres, le troisième temps est selon de nombreux archéologues le paléosol le plus intéressant pour les vestiges du passé qu’il renferme. En effet, les fouilles ont permis de découvrir « des débris de cuisine », des poteries, ou encore des coquilles cassées avec des outils datant d’une époque comprise entre le XIe et le XIIIe siècles. Le 4ème paléosol est le plus récent et se situe sur une hauteur comprise entre 20 et 70 mètres de haut. Grâce à des cartes, des écritures et des témoignages datant de la fin du XIXe siècle (vers 1890), il est possible de comprendre que cette dernière couche est en réalité des arbres engloutis par le sable de la dune.
Chaque année, la dune avance dans les terres et mange toujours plus de pins de la forêt qui l’entoure. Le banc d’Arguin et la dune du Pilat sont finalement fortement liés, puisque les deux ont évolué en même temps grâce au vent et aux tempêtes qui ramènent le sable du large vers la côte.
Une histoire assez incroyable qui ajoute une nouvelle particularité à un site naturel déjà bien fourni. Notre belle région nous réserve encore de nombreuses surprises.